Faire passer les autres avant soi : quand s’oublier finit par épuiser.

Image d'un champs avec quelques coquelicots

Vous savez ce dont vos enfants ont besoin.
Vous pensez à ce qu’il faut acheter, prévoir, organiser.
Vous savez ce qui ferait plaisir à votre conjoint, ce qu’il reste à faire à la maison, qui a besoin d’aide et ce que l’on attend de vous.

Mais si je vous demande :
Et vous, de quoi avez-vous besoin en ce moment ?

La réponse est-elle aussi évidente ?
Faire passer les autres avant soi peut devenir tellement habituel qu’on finit par ne même plus s’en rendre compte.
On ne décide pas de s’oublier.
C’est un fonctionnement qui peut être insidieux et qui existe parfois depuis l’enfance.

Pourquoi certaines femmes finissent-elles par s'oublier ?

Derrière cette tendance à beaucoup donner, il peut y avoir des réalités très différentes.
La peur de décevoir.
La peur d’être rejetée ou abandonnée.
Le besoin de faire pour être aimée.
Le manque d’estime ou d’amour pour soi.
Mais il y a aussi tout ce que nous avons appris. Beaucoup de petites filles ont grandi en apprenant à être serviables, disponibles, attentives aux autres. À prendre soin. À ne pas faire trop de vagues. À répondre aux besoins de leur entourage.
Ces conditionnements finissent par devenir tellement naturels qu’on ne les questionne même plus.

On fait certaines choses par envie, bien sûr. Mais on en fait beaucoup d’autres par obligation, par habitude, parce que c’est “socialement valorisé”, parce qu’on aurait mauvaise conscience de ne pas les faire ou simplement pour éviter un conflit.
C’est ce que l’on peut appeler la suradaptation : à force de s’ajuster à l’extérieur, on perd le contact avec ce qui se passe à l’intérieur de nous.

À force d’aller contre soi, on s’épuise

Imaginez que vous passiez vos journées à remonter un cours d’eau à contre-courant.
Vous pouvez le faire.
Vous pouvez même devenir très forte. Vous allez vous adapter à la difficulté.
Développer des stratégies. Mais cela vous demandera continuellement de l’énergie. Aller contre soi fonctionne de la même manière.
Dire “oui” alors que notre intérieur crie “non”. Continuer de faire alors qu’on aurait besoin de repos. Répondre aux besoins des autres alors que nous n’avons pas répondu aux nôtres.

Chaque situation prise séparément peut sembler anodine.
Mais répétée jour après jour, année après année, cette façon de faire devient délétère pour soi-même, car extrêmement énergivore.
Et progressivement, quelque chose change.
Ce que l’on faisait auparavant sans difficulté devient pesant. Chaque action devient plus contraignante. La fatigue, autrefois passagère, s’installe. La patience diminue, la joie s’efface. Peu à peu un épuisement émotionnel et physique s’installe, parfois accompagné d’une véritable perte de sens.
Jusqu’au jour où : “Je ne peux plus continuer ainsi”

C’est à cet endroit que je retrouve ces femmes épuisées de tout porter qui sentent qu’un changement doit s’opérer.

Et si vous changiez simplement d’étage ?

Il y a une image que j’aime beaucoup pour expliquer ma manière d’accompagner. Imaginez :
Aujourd’hui, vous observer votre situation depuis le rez-de-chaussée d’un immeuble. Depuis cet endroit vous avez une certaine vision et une certaine compréhension. Maintenant, montez avec moi dans l’ascenseur.
Appuyez sur le bouton : direction le 8e étage. Et maintenant que voyez-vous ?
Rien n’a changé en bas. La situation est toujours la même. Pourtant votre perception s’est modifiée. Vous avez accès à une vision plus large de votre situation. Vous voyez des choses que vous ne pouviez pas voir depuis le rez-de-chaussée. Une nouvelle compréhension émerge.

La situation n’a pas changé. Mais vous, vous avez changé.
C’est cette bascule de regard qui est au cœur de L’Œil du coquelicot.
Voir autrement, c’est mettre de la conscience sur ce qui, jusque-là, n’était pas vu.

Se reconnecter à soi commence par l'observation de soi même

Lorsqu’on a longtemps fait passer les autres avant soi, il est essentiel de se
reconnecter à soi-même. L’auto-observation va vous permettre d’établir “un état des lieux” sur vos fonctionnements.
Dans les différentes situations de votre vie, vous pouvez observer : 

  • À quels endroits dites-vous « oui » alors que vous pensez « non » ?
  • Lorsque vous dites « oui », est-ce que vous le faites pour vous ou pour les
    autres ?
  • Qu’est-ce qui pourrait m’arriver si je disais « non » ?
  • À quels endroits anticipez-vous les besoins des autres ?
  • Dans quelles situations faites-vous les choses « par devoir » et non « par envie » ?

Dans un premier temps, ne changez rien. Observez simplement.
Mettre de la conscience sur nos fonctionnements, sans chercher immédiatement à les modifier, crée déjà un espace. Un espace dans lequel le changement peut émerger.

Alors, si vous êtes cette femme qui pense à tout et pour tout le monde, qui anticipe, qui porte en permanence, qui s’adapte et qui culpabilise dès qu’elle essaie de reprendre un peu de place, j’aimerais vous laisser avec une autre façon de regarder les choses :
Prendre soin de vous n’enlève rien à l’amour que vous donnez aux autres.
Vous n’avez pas besoin d’apprendre à devenir plus égoïste. Vous avez peut-être simplement besoin de commencer à vous accorder la même importance qu’aux personnes que vous aimez.

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